Mobilité, art et géolocalisation

La combinaison des télécommunications sans fil, d’Internet et de la géolocalisation temps réel induit de nouveaux rapports à l’espace, à l’ubiquité et à la mobilité. De nombreux artistes s'emparent de ces technologies « géolocalisées » qui estompent les frontières entre les mondes virtuels et physiques, au profit d’une interpénétration qui engendre de nouvelles « performances » individuelles et collectives.

 

Impressing Velocity, Masaki Fujihata, 1992-1994

ici une petite vidéo sur Impressing Velocity

L'artiste Masaki Fujihata utilise pour la première fois la technologie GPS dans le cadre d’une ascension du mont Fuji en 1992. Simultanément, un ensemble de différents points de vue sont enregistrés : cartes, vidéos, images de synthèse, tracés produits avec un récepteur GPS. Impressing Velocity, l'artiste propose une représentation complexe, une figure en 3 dimensions d'un territoire et d'une action, celle de son ascension. 

Wegzeit – die Geometrie der relativen Distanz, Dietmar Offenhuber 2000-2002

http://residence.aec.at/wegzeit/

Artiste, ingénieur et architecte, Dietmar Offenhuber s’intéresse aux environnements virtuels et à la dimension temporelle des espaces. Dans son travail Wegzeit - die Geometrie der relativen Distanz, il utilise la technologie GPS pour produire des représentations spatiales non à partir des distances, mais à partir des paramètres temporels.

Global Positioning System Drawing Project, Jeremy Wood, 2000-2008

http://www.gpsdrawing.com/

Jeremy Wood travaille plutôt le changement d’échelle qu’une approche cartographique. Il ne s’agit pas de capter des parcours, mais de « dessiner » des formes par des parcours et de les enregistrer par GPS. Le territoire devient ainsi support pour une activité, le dessin, qui en principe se pratique à une échelle beaucoup plus petite. Aujourd’hui, il étend cette pratique de « déplacement » en captant des mouvements qui produisent des tracés inhabituels, comme les déplacements d’un chien ou d’une tondeuse sur un terrain de football.

Milk Project, Esther Polak, 2004

http://www.milkproject.net/

Dans son projet Milk Project, Esther Polak retrace par différents moyens, notamment le Global Positioning System, le parcours d’un fromage de Lettonie, le Rigamont, de la production de lait dans les fermes lettonnes à sa consommation à Amsterdam, Milk Project propose des investigations et des représentations territoriales à travers une exploration tout à fait spécifique de l’économie globale. Constitué de représentations à partir de coordonnées GPS, de récits et de photographies, Milk Project forme une figure riche autour d’un événement qui intègre à la fois un espace global et local.

Can You See Me Now ?, Blast Theory, 2001

http://www.blasttheory.co.uk/bt/work_cysmn.html

Can You See Me Now ?, créé par le collectif Blast Theory, consiste en un jeu du chat et de la souris qui combine à la fois l’espace urbain et l’espace virtuel. Dans la ville, des coureurs sont munis d’appareils GPS et d’ordinateurs miniatures leur permettant de localiser la position de joueurs connectés sur un réseau Internet. Inversement, les joueurs en ligne se déplacent sur une carte virtuelle de la ville et doivent attraper les icônes des coureurs apparaissant sur la carte. Tout se fait en temps réel dans un véritable jeu de Pac-Man où le virtuel s’immisce dans le réel.

Vopos, 0100101110101101.org (Eva et Franco Mattes), 2002

http://www.0100101110101101.org/home/vopos/index.html

Vapos Projet de Eva et Franco Mattes s’inscrit dans un contexte de surveillance et de contrôle volontaire. Pendant une année, les deux membres du groupe ont porté sur eux des récepteurs GPS. L’ensemble de leurs déplacements étaient alors rendus visibles et accessibles sur Internet.

Solid Sea, collectif Multiplicity, 2003

http://www.attitudes.ch/expos/multiplicity/road%20map_fr.htm

Certains dispositifs abordent la question de la géolocalisation et plus précisément du territoire sans utiliser le GPS. Le travail Solid Sea de deux membres du collectif Multiplicity effectuent deux parcours similaires le long de la frontière israélo-palestinienne. Le premier est accompagné d’une personne munie d’un passeport palestinien, le second par une personne munie d’un passeport israélien. Aux voyageurs détenteurs du passeport israélien, il faut une heure pour réaliser le trajet. Le voyageur avec un passeport palestinien aura besoin de cinq heures pour un trajet pas tout à fait identique, mais dont les distances sont similaires, les points de départ et d’arrivée proches, mais situés dans des territoires accessibles par les Palestiniens.

Biomapping, Christian Nold, 2004

http://biomapping.net/

Christian Nold interroge dans sa pratique l’apparition de nouvelles formes de cartographie, la place centrale de l’habitant et du citoyen dans sa projection collective, ainsi que l’appropriation et/ou le détournement des technologies numériques. Ils questionnent les objets et les corps. Dans Emotional Map, un appareil thermique détermine l’humidité et la température de la peau alors qu’un récepteur GPS enregistre le parcours de la personne. Données GPS et données « émotives » sont alors transmises toutes les quatre secondes à un serveur pour s’inscrire en temps réel sur une carte Google Earth.